Communauté

J’aime les interactions sincères & passionnées avec les autres. Mais j’ai peur de la foule, surtout si elle n’est composée que d’inconnus.

C’est sûrement ce qui explique en partie la motivation de vivre loin de la ville. La solitude est ma recharge. J’ai besoin de cette vue sur les arbres, les champs et le ciel, ou celle sur la nuit noire, la lune & les étoiles.

Et pourtant seul on n’est pas grand chose. Si aujourd’hui je suis heureux au quotidien, bien dans mon corps, dans ma tête et mes baskets, c’est aussi et surtout parce que je suis en couple avec Tristan <3

Si j’arrive à avoir suffisamment de revenus pour nous offrir notre cadre de vie actuel, c’est parce que je travaille en tant que salarié dans une entreprise, avec une équipe de collègues géniaux.

Échanger des idées, passer du temps & troquer des choses avec mes voisins, c’est ce qui me fait sentir bien & en sécurité dans mon hameau.

Enfin, m’inspirer d’échanges aussi virtuels soient-ils via des médias indépendants en ligne et des plateformes open-source telles que notre blog ou notre compte Mastodon, me rassurent sur cette sensation de ne pas être seul. Nous sommes nombreux à voir que « ça ne tourne pas rond » et à savoir qu’il existe des alternatives viables à notre façon de vivre en société.

Ce sont autant de domaines que je souhaiterais développer dans la suite de cet article. Comme un bilan de ce premier trimestre 2026, avec de nouvelles habitudes que j’ai voulues mettre en place dans mon quotidien pour tenter, tant bien que mal, d’aligner mes valeurs & mes actes.

Fédération de communautés en ligne

Cet article de blog exprime mieux que moi ma frustration sur l’état actuel de l’internet mondial, des pièges des services privés offerts par les géants du web, et le fait que l’auto-hébergement de tous nos services n’est pas le futur ! Certes, via mon propre article ici, je montre qu’il est possible, individuellement, de prendre en main sa détox des GAFAM. Mais il apparaît clairement que je suis privilégié, et que je n’apporte que très peu de plus-value pour accompagner les autres à s’en sortir.

J’ai pu auto-héberger nombre de services à la maison, puisque j’ai les connaissances, compétences, moyens financiers… pour me permettre de le faire. Mais clairement je partage l’avis de Drew, et je le cite :

J’ai pris conscience à quel point l’auto-hébergement est inaccessible, non viable et irréaliste en tant que solution à grande échelle aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. J’ai compris que l’autonomie n’est pas synonyme de liberté : c’est le luxe de pouvoir se retirer d’un système auquel les autres ne peuvent échapper.

ça m’a fait réfléchir. Et je me suis dit que je devais revoir mon approche. M’en sortir dans mon coin, c’est aussi satisfaisant que frustrant.

Alors certes, qu’on se le dise, je pense que si on débranchait tous les ordinateurs de la planète, on ne s’en sortirait pas plus mal au contraire. Bon, mais puisqu’on en a plein sous la main, autant en faire un bon usage pour tous ! Et c’est en ce sens que j’ai envie de participer davantage aux initiatives collectives. Voir comment je peux aider les communautés en ligne à prospérer. Que ce soit par mes moyens financiers (via des dons notamment) ou par mes connaissances techniques, j’ai envie de me joindre à des mouvements et c’est pour cela que j’ai choisi d’arrêter l’auto-hébergement de tout.

Fin de Ghost

Je trouve cet outil aussi passionnant que frustrant ! La vision de Ghost c’est d’avoir une seule plateforme pour les newsletters + articles de blogs longs & courts formats fédérés avec possibilité d’intégrer des paiements en direct par ses lecteurs. Sauf que dans la réalité, la partie fédération, toujours en bêta, est pour l’instant encore trop limitée à mon goût, et la maintenance en auto-hébergement était devenue pour moi une charge mentale. Parmi les problèmes relous :

  • Pas de hashtags
  • Pas de DMs
  • Pas d’éditions
  • Pas d’émojis personnalisés
  • Gros soucis de fédérations avec les comptes privés
  • Mauvaises gestions des erreurs avec parfois impossibilité de poster
  • Nouvelles fonctionnalités développées d’abord pour la plateforme ghost.org
  • Pas de recherche d’utilisateurs ni de posts
  • Pas de gestion de l’opération MOVE pour migrer

Bref j’y passais trop de temps, pour trop de frustrations. J’avais aussi cette impression d’être accro au Fediverse et voulais prendre du recul, mais au final je me suis rendu compte que c’était la maintenance qui était de trop.

Parce que clairement, je trouve la communauté du Fediverse extraordinaire. J’en tire tellement d’idées, d’inspiration, de pistes de réflexions et de lectures. Les gens sont passionnés et passionnants, il y a de la place pour discuter et débattre. Rien n’est parfait ! Mais il y a une vraie volonté de faire les choses autrement et de s’entraider. C’est ça pour moi le Fediverse, et aussi virtuel soit-il, je m’y retrouve et tiens à y prendre part.

Alors j’ai choisi pour l’instant de revenir avec un nouveau compte sur l’instance phare mastodon.social, pour autant :

  • Non, je ne suis pas d’accord avec tous les choix de Mastodon
  • Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’avoir une si grosse instance
  • Oui, il y a du boulot pour mieux protéger et intégrer TOUT LE MONDE

Mais ce n’est pas en fuyant et en me cachant derrière ma propre instance que je pourrai participer au débat et aux avancements de la communauté. Et j’ai beaucoup de respect pour le boulot monstrueux déjà effectué en 10 ans ! Alors j’ai envie de les soutenir.

Retour à WordPress & OVH

Je reste persuadé que chacun devrait pouvoir créer son propre blog sur internet.

Pour ma part j’y trouve un plaisir particulier à prendre le temps d’écrire mes pensées. Je les organise, je cherche mes mots, je tourne et retourne mes phrases, je publie et c’est un accomplissement : j’ai la sensation d’avoir démêlé des neurones, d’avoir soulagé mes pensées, maintenant qu’elles sont écrites et potentiellement lues par quelqu’un.

Mais pour l’instant je ne veux plus faire la maintenance. Je la confie à un hébergement personnel chez OVH, via un module WordPress. C’est simple, peu cher (pour l’instant encore), et ça fonctionne ! Je me concentre sur la rédaction, les photos, le contenu. Alors certes je fais confiance à un tiers privé. Mais il est Français, sur le sol Français, et même si je suis en désaccord sur bien des choix, ça me semble pour l’instant encore en phase avec mes aspirations. Et si, le prix, l’éthique ou autre serait amené à me faire changer d’avis, je pourrai toujours revenir sur une solution maison.

Je travaille encore à republié une partie de nos anciens articles, mais j’en profite pour en revoir certains, exclure ceux qui me semblent moins pertinents, et puis je vais aussi devoir m’atteler à repasser sur toutes les images pour leur donner une description…

On garde Nextcloud chez nous

Par contre, je tiens à garder à la maison :

  • Nos photos
  • Nos musiques
  • Nos contacts
  • Nos agendas
  • Nos favoris
  • Nos flux RSS
  • Nos fichiers
  • Nos notes

Donc j’ai toujours notre grosse machine, avec Nextcloud AIO installé sur une Debian 13. Elle me demande suffisamment peu de maintenance, grâce à l’interface web simplifiée pour installer les mises à jour et redémarrer les services. Pour la sauvegarde je passe maintenant exclusivement par les solutions de Proxmox :

  • Une seule VM à gérer
  • Installée sur deux disques de 1 To en miroir
  • Une sauvegarde locale sur un disque de 4 To
  • Une sauvegarde distance, chiffrée, sur un bare metal OVH via Proxmox Backup Server

Le vrai réseau social

Bon mais une fois que j’ai passé tout ce temps en ligne devant mon écran, j’ai besoin de me déconnecter. Et depuis le début de l’année, grâce à quelques aménagements et nouvelles habitudes j’ai réussi à :

  • Doubler mon nombre de livres lus par mois
  • Rencontre plein de nouvelles personnes
    • Me faire de nouveaux potes !
  • Découvrir des communautés comme celle d’Extinction Rebellion que j’aimerais pourquoi pas rejoindre
  • Passer plus de temps avec mon Tristan, notre maison, nos animaux, nos voisins
  • Y voir plus clair sur l’orientation de ma carrière professionnelle
  • Ne rien faire ! Je passe beaucoup plus de temps à rêvasser les yeux ouverts plutôt que rivés sur un écran

Un espace, une activité

On a la chance d’habiter une grande maison. Alors j’ai défini plusieurs espaces que j’occupe en fonction des moments de la journée. J’ai cette sensation que dédier un activité à un espace me permet de mieux en profiter. Je ne me mélange plus les genres, ça paraît bête, mais j’ai vraiment senti la différence au bout de 3 mois et je me plais à cultiver cette nouvelle habitude :

  • Ma grande chambre elle-même est séparée en 3 espaces :
    • Le lit, c’est pour lire ou dormir. Je n’y viens plus pour scroller sur le smartphone !
    • Un petit espace de sport, avec un tapis et du petit matériel
    • Un petit espace créatif, avec un petit écran qui se branche à mon Tiny ThinkCentre que je déplace au besoin
  • J’ai un mini salon pour regarder mes DVDs et autres documentaires d’Arte en replay
  • En bas j’ai mon bureau pour le boulot pro et perso
  • Les espaces de salle à manger, de cuisine, de salon, sont eux aussi dédiés à leurs activités, je ne travaille jamais dans la cuisine par exemple

Sortir, lire, parler, rencontrer des gens

L’ours que je suis a pris l’initiative de sortir de sa grotte ! Je prends mon vélo, je prends le train, et sors plus que jamais. Il n’y a presque plus un week-end sans une sortie à Rennes ou Nantes ou ailleurs, même Paris parfois, et pour le plaisir ! J’ai repris contact avec des potes, je fais des sorties culturelles et me surprends à débattre avec des inconnus.

Le train reste vraiment mon lieu favori pour la lecture. Smartphone bien enfoui quelque part dans la sacoche et non dans la poche, la friction aide bien à couper les vieilles habitudes de le sortir pour un rien. J’ai toujours mes bouquins du moment sur moi, et j’y plonge volontiers durant parfois l’heure et demi voire plus de voyage.

J’accepte plus volontiers de rencontrer de nouvelles têtes, des potes de potes de potes qui deviennent des potes. Et puis il n’y a pas besoin d’aller trop loin non plus pour discuter et rigoler un peu avec simplement ma voisine ! On s’échange des services, des produits, des légumes, ça entretient le lien de confiance et coupe la solitude qu’on peut parfois ressentir dans notre hameau pommé.

Il ne manque plus qu’à sauter le pas pour rejoindre une communauté unie pour une cause qui me parle. Quelque chose autour de l’écologie, le faire autrement, « dévier » du système et s’entraider. Trouver une autre voie que celle imposée du système capitalistique. Par petites briques, par petites touches, en parler, en débattre et s’inspirer les uns les autres pour garder espoir en un avenir… moins pire ! C’est un défi pour cette année, je ne sais pas s’il est trop dur pour moi encore, mais l’envie est là, les idées aussi, je me laisse le temps de trouver la bonne opportunité pour y aller.

Se syndiquer

En lien quelque part avec cette volonté de rejoindre une communauté, je crois qu’il est temps qu’on se syndique tous. Ne laissons pas les grands décideurs au pouvoir nous faire croire qu’il n’y a pas d’espoir à se syndiquer, bien au contraire. D’ailleurs ils ont bien le MEDEF ! Ils ont des « think tanks » et des lobbyistes grassement payés pour défendre collectivement leurs idées nauséabondes.

Et pourtant nous sommes bien plus nombreux qu’eux ! Alors j’ai choisi de rejoindre la CGT. Je ne suis pas d’accord avec toutes leurs idées ni leurs façons de faire, mais je suis d’accord pour apporter de l’eau au moulin. J’ai envie de prendre part aux débats, de faire avancer le chmilblik pour tous. Puisque l’avenir est incertain, que la sacro-sainte économie est plus fébrile que jamais, je crois qu’on a besoin de tous se serrer les coudes et se battre pour une vraie justice sociale et un vrai partage des richesses, pour tous.

A suivre…